Le féminisme vole en éclats
- WIZO-Lausanne
- 11 avr. 2024
- 2 min de lecture
OPINION. Les mouvements féministes ont été pris en otage par des luttes idéologiques qui ne font rien de bien aux femmes, dénonce Doris Cohen Dumani*, ancienne conseillère municipale à Lausanne, qui constate avec impuissance la sélectivité des causes soutenues
(Publié dans le journal “Le Temps“ le 04/04/2024)
"Où es-tu féminisme de mon passé? As-tu perdu ton âme? Où ont disparu les valeurs de solidarité qui consistaient à dépasser les limites partisanes pour une cause noble? J’en ai présidé des associations féministes qui défendaient la cause des femmes, qu’il s’agisse de l’Union suisse pour décriminaliser l’avortement durant sept années, ou l’Association vaudoise pour les droits des femmes (ADF), sur la demande de notre regrettée Simone Chappuis.
Nous étions alors des femmes de tous horizons politiques et ensemble nous avons œuvré pour avoir des positions communes à défendre ensuite dans nos partis respectifs sur la fiscalité, l’égalité de salaires et les garderies: un merveilleux exemple avec la FAJE (Fondation pour l’accueil de jour des enfants). Aux manifestations spectaculaires du MLF de l’époque, nous avons préféré confronter nos réflexions pour arriver à trouver des solutions consensuelles pour faire progresser la cause des femmes. Et voici qu’aujourd’hui tout semble partir en éclats. Le féminisme vaudois est pris en otage par la violence, l’inculture et, disons-le, la sauvagerie!
Plus question d’écouter l’autre et d’accepter un avis différent. Plus question de valeurs de tolérance et de compassion, que ce soit pour les femmes iraniennes assassinées ou brûlées vives, pour les victimes sexuelles qui ont fui Boko Haram et ont été soumises à des violences sexuelles par les soldats nigériens ou encore pour les femmes israéliennes, kidnappées, violées, terrorisées dont certaines sont encore retenues en otage aujourd’hui...
Le fanatisme et le wokisme ont pénétré les esprits dans certains mouvements de défense des femmes. Ils les ont phagocytés et les ont vidés de leur sens! Ainsi, chez nous, sous prétexte de soutenir la cause des Palestiniens, une cause noble certes, des collectifs féministes ont-ils décidé d’ignorer les violences, les horreurs et les crimes subies par les femmes israéliennes et de s’en prendre aux Juifs, qu’ils accusent d’être responsables d’un conflit qui se passe au Moyen-Orient.
Les hurlements de haine retentissent à Lausanne, à Genève et à Berne! Et comme le fait un vent violent sur des braises, ils animent des foyers d’hostilité et de colère. Et si on regardait les choses en face?
Éveil des consciences
À quoi sert cette haine, cette intolérance, diffusée partout dans le monde? Fera-t-elle avancer la cause de toutes les femmes opprimées qui luttent au quotidien pour leur liberté, quelle que soit leur nationalité, leur religion ou leur groupe ethnique? Elles ont toutes droit à notre empathie et notre soutien.
Je regrette que les membres des Collectifs de la Grève féministe aient une capacité d’écoute limitée et je garde l’espoir que l’éveil des consciences, le refus de l’endoctrinement et l’acceptation de la réalité des faits les amènent à agir différemment. Il faut que toutes ensemble nous réussissions à faire entendre la voix de toutes les femmes éprises de paix et de liberté."






Commentaires