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Liliana Segre : "La Journée de la Mémoire n'est pas pour les Juifs, elle est pour tous les autres"


Rescapée de la Shoah et sénatrice à vie italienne depuis 2018, Liliana Segre a livré un message puissant lors des commémorations de la Journée de la Mémoire au palais du Quirinal, le 27 janvier dernier.


Née à Milan en 1930, cette figure emblématique de la mémoire de l'Holocauste s'est exprimée avec force face à la montée actuelle de l'antisémitisme. "Nous assistons aujourd'hui à une expansion de l'antisémitisme", a-t-elle déclaré en répondant aux questions de jeunes participants. Elle dénonce notamment une "pensée délirante et répugnante" qui compare les victimes d'hier aux bourreaux d'aujourd'hui, alimentant ainsi des attaques contre la Journée de la Mémoire elle-même.


Un message d'une actualité brûlante, porté par une voix qui a traversé l'enfer et continue de témoigner pour l'avenir.

Face à la question de savoir si l'on peut parler de Gaza lors de cette journée, sa réponse est nuancée : "Certainement, on peut en parler."


Selon elle, la valeur universelle des leçons de la Shoah nous invite à réfléchir sur toutes les tragédies contemporaines – Gaza, l'Iran, l'Ukraine, le Venezuela, le Soudan. Mais elle pose une limite claire : "On ne peut pas utiliser Gaza contre la Journée de la Mémoire."


Instrumentaliser les souffrances actuelles pour banaliser ou inverser l'histoire de l'Holocauste constitue, à ses yeux, une forme de vengeance inacceptable envers les victimes.


La sénatrice conclut sur un rappel essentiel : "La Journée de la Mémoire n'est pas pour les Juifs. Elle est principalement pour tous les autres." Cette journée existe pour que chacun se souvienne du rôle joué par l'Italie fasciste, l'Allemagne nazie et d'autres États européens dans la persécution des populations considérées comme inférieures. Elle honore également la mémoire des Justes qui ont risqué leur vie pour sauver les persécutés.


 
 
 

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