Une légende, une leader, une “merveille de la nature“...
- WIZO-Lausanne
- 9 janv. 2024
- 3 min de lecture

Elle a remporté 10 médailles olympiques, dont cinq médailles d'or, a formé des générations de gymnastes israéliens, a reçu le Prix Israël et est considérée comme une héroïne nationale dans son pays d'origine, la Hongrie, où elle est retournée vivre il y a 3 ans.
Ágnes Keleti, qui vient de fêter sa 103è année. Tous les jours elle regarde encore des vidéos de gymnastique sur YouTube, et aime à déclarer avec un sourire :
"La vie m'a appris une chose : si vous voulez atteindre quelque chose, vous devez vous battre pour cela aussi durement que possible".

Fantastique profession de foi, modèle extraordinaire, elle attire encore de fans du monde entier !
Ágnes est née dans une famille bien établie à Budapest et a vite excellé dans ses 2 passions, la gymnastique et le violoncelle.
Toujours souriante, elle continue à se délecter de chaque moment de sa vie, malgré tout ce qu'elle a traversé.
Quelques petites années avant la guerre, au début des persécutions, elle épouse un célèbre athlète hongrois nommé Istvan Sarkan. Ce mariage la sauvera des camps de concentration et lui a permettra de continuer à pratiquer le sport.
Pendant l'occupation, elle prend l'identité de la gouvernante chrétienne de la famille, et vit comme une domestique : "En tant que juive, je ne pouvais participer à aucun concours.“
Sa vie tourne alors autour des horreurs de la guerre : "Nous creusions des tranchées pour y mettre des corps", raconte-t-elle. Mais elle survit à l'enfer que vivent à l'époque les Juifs originaires de Budapest : “90 % des Juifs hongrois ont été exterminés, et un Juif assassiné sur deux était originaire de Budapest.“
Durant cette période, son père est assassiné à Auschwitz, sa mère et sa sœur seront sauvées par le “Juste parmi les Nations“, Raoul Wallenberg.
Comme beaucoup, choisir le sport a été pour elle le moyen de choisir la vie et de pardonner, mais surtout de se réintégrer dans une société qui cherchait à l'admirer.
Après la Seconde Guerre mondiale, Keleti revient en effet à la gymnastique et remporte son premier championnat hongrois en 1946, aux barres parallèles asymétriques. En 1947, elle se fait remarquer pour la première fois sur la scène internationale en dominant les championnats de gymnastique d'Europe centrale.
De 1952 et 1956, elle participe aux Jeux olympiques et y remporte 10 médailles, dont cinq en or.
Mais malgré son succès à Melbourne en 1956, la politique s'immisce à nouveau dans sa carrière. Fin octobre, Israël envahit la péninsule égyptienne du Sinaï et, peu avant les Jeux olympiques, le 4 novembre, les chars soviétiques pénètrent dans Budapest pour réprimer un soulèvement.
Ces deux événements conduisent à un petit boycott des Jeux olympiques, et bien que la Hongrie ait participé aux Jeux, de nombreux athlètes font défection, dont Keleti.
Elle reste un temps en Australie, puis s'installe en Israël, où elle enseigne l'éducation physique au fameux Institut Wingate, avant de devenir l'entraîneur national de gymnastique féminine !
Pour la petite histoire, le jour de son centième anniversaire, à 20 heures - l'heure de grande écoute en Hongrie - le président de l'État, Victor Urban, est apparu sur la chaîne principale et a salué Ágnes comme une héroïne : “une athlète qui tout au long de l'histoire a été "Honorable".
En 2017, lorsqu'elle a reçu le Prix Israël, raconte-t-elle, Naftali Bennett, alors ministre de l'Éducation, s'est approché d'elle et lui a dit : "Vous êtes une légende, et vous vivez parmi nous. Vous avez changé tout ce que nous savions sur l'éducation sportive."




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