Sarah et Avshalom : deux destins une seule flamme
Pendant la Première Guerre mondiale, en Palestine sous domination ottomane, Sarah Aaronsohn participe à une extraordinaire aventure clandestine.

En 1915, son frère Aaron, célèbre agronome, fonde avec Avshalom Feinberg et plusieurs compagnons le réseau d’espionnage NILI, acronyme hébraïque signifiant « L’Éternel d’Israël ne mentira pas ».
Composé d’environ quarante agents, ce réseau recueille des informations sur les troupes turques, leurs déplacements, leurs effectifs et leurs voies de communication, pour les transmettre aux Britanniques.
Depuis Zikhron Yaakov, Sarah dirige les opérations, coordonne les agents et organise les communications secrètes. Au large d’Atlit, un navire britannique vient régulièrement récupérer les renseignements lors de rendez-vous clandestins sur la côte.
Mais en septembre 1917, ces liaisons maritimes deviennent trop dangereuses. Le réseau utilise également des pigeons voyageurs. L’un d’eux tombe entre les mains des Ottomans, qui parviennent à déchiffrer son message. Cette interception contribue à la découverte de NILI.
Arrêtée et torturée en octobre 1917, Sarah choisit de mettre fin à ses jours plutôt que de risquer de révéler les secrets de ses compagnons. Elle n’a que 27 ans.
Quelques mois auparavant, Avshalom Feinberg, l’un des fondateurs de NILI, avait été tué dans le désert du Sinaï alors qu’il tentait de rejoindre les Britanniques. Son corps était resté introuvable.
Selon une émouvante tradition, quelques dattes qu’il portait dans sa poche auraient donné naissance à un palmier solitaire, poussant au-dessus de sa tombe.
En 1967, cinquante ans plus tard, après la guerre des Six Jours, ce palmier permet de retrouver sa dépouille, qui sera inhumée au mont Herzl, à Jérusalem.
Deux destins tragiques, un même idéal. Et ce palmier, symbole de vie et de renaissance, nous rappelle que les hommes disparaissent, mais que leurs racines continuent de nourrir la mémoire d’un peuple.





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