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Un hymne populaire et commémoratif après la création de l’État


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Le poème “Kalaniot“ - “כלניות“ qui suit a été écrit semble-t-il peu avant la création de l’État d'Israël, par le poète, dramaturge, journaliste et écrivain Nathan Alterman.


Ce poème est devenu avec le temps un véritable hymne populaire et commémoratif après la fondation de l’État. Il doit ce titre et cette reconnaissance grâce à la mise en musique qu'en a fait Moshé Wilensky et à la voix “hors norme“, à la fois douce et rauque de Shoshana Damari, la "voix nationale" comme elle était appelée.


La première interprétation de la chanson fut donnée par Shoshana Damari au théâtre “La La Lu”, lors du deuxième programme “Entretien sans La La Lu” (18 janvier 1945), et la chanson est devenue celle qui lui est la plus associée. Elle interpréta “Kalaniot” et “Habayta” lors de sa mission auprès des camps de personnes déplacées en Europe, suscitant une émotion immense et une impression inoubliable gravée dans le cœur de nombreux auditeurs.

En voici la traduction :

Les anémones (“Kalaniot“ - “כלניות“)

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Le soir descend — flamboie la cime haute,

Je rêve encor… et dans mon cœur je vois

Une enfant tendre, qui d’un pas sans faute

Descend vers le vallon qu’embrase mille fois

Le feu pourpre des anémones.


Dans les sentiers que la rosée couronne,

Elle cueille, rieuse, un bouquet odorant,

Et court vers sa mère en criant doucement :

« Regarde, c’est pour toi, ce trésor du matin ! »


Anémones, anémones —

Rouges flammes, perles d’aurore,

Anémones, anémones —

Gracieuses, frêles, qu’un souffle décore.


Les soirs s’allument, s’éteignent, se consument,

Mais les anémones, toujours, refleurissent.

Les vents hurlent, les tempêtes s’accumulent,

Mais les anémones, toujours, s’embrasent et resplendissent.


Les ans s’enfuient, le soleil encor s’incline,

La fillette est grand-mère à présent,

Et sa petite, descendue vers le jardin,

Voit les anémones rougir la colline.


« Regarde, grand-mère, ce que je t’apporte ! »

Alors ses yeux, de rires et de larmes unis,

S’embrasent d’un souvenir, d’une chanson enfuie,

Vieille mélodie qu’à nouveau elle emporte :


Anémones, anémones —

Rouges flammes, perles d’aurore,

Anémones, anémones —

Gracieuses, frêles, qu’un souffle décore.


Les générations vont, se perdent, se recommencent,

Mais chaque âge a sa fleur, sa voix, sa danse.

Heureux celui qu’un jour, dans le tumulte et les vents,

Effleura la fleur ardente des instants.


Anémones, anémones —

Rouges flammes, perles d’aurore,

Anémones, anémones —

Gracieuses, frêles, qu’un souffle décore.

 
 
 

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